Un financement trop petit asphyxie l’entreprise. Trop grand, il coûte plus qu’il ne rapporte et invite au mauvais usage. Le bon montant n’est pas un chiffre rond : il découle du temps pendant lequel la trésorerie de l’entreprise reste immobilisée entre le paiement des marchandises et leur encaissement.
Le cycle de conversion de la trésorerie
Trois chiffres donnent le rythme :
- Délai d’écoulement des stocks (DIO) : le temps que le stock passe en rayon avant d’être vendu.
- Délai de paiement clients (DSO) : le temps que mettent les clients à payer.
- Délai de paiement fournisseurs (DPO) : le temps que met l’entreprise à payer ses propres fournisseurs.
Le cycle de conversion de la trésorerie, c’est DIO plus DSO, moins DPO. C’est le nombre de jours pendant lesquels l’entreprise finance son activité sur ses propres deniers. Un distributeur qui garde son stock 35 jours, encaisse ses clients en 40 et paie ses fournisseurs en 30 reste à découvert 45 jours à chaque rotation. Cet écart, multiplié par la valeur qui le traverse, c’est le financement dont l’entreprise a réellement besoin.
Remonter jusqu’à la structure
Une fois l’écart connu, la structure en découle :
- Le montant suit le besoin de pointe sur le cycle, pas la moyenne. Les pics saisonniers (une récolte, la rentrée scolaire, un pic du Ramadan ou des fêtes) fixent la limite.
- La maturité épouse la façon dont l’exposition se dénoue. Une ligne qui finance un cycle de 45 jours se rembourse à l’arrivée des créances, puis se tire à nouveau. Elle est renouvelable ; ce n’est pas de la dette à terme.
- L’instrument suit l’échange. Une commande confirmée d’un acheteur connu appelle un crédit documentaire, une relation fournisseur récurrente appelle une ligne de confirmation, et une expédition ponctuelle appelle un crédit spot.
Là où l’on se trompe
L’erreur courante est de dimensionner sur le chiffre d’affaires plutôt que sur le cycle. Une entreprise au chiffre d’affaires solide peut rester illiquide si sa trésorerie est bloquée dans des créances lentes à rentrer. Dimensionner sur le cycle fait du financement un outil plutôt qu’un piège, et offre au prêteur une histoire de remboursement claire, ce qui représente déjà la moitié du chemin vers l’accord.